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La Création destructrice

Il s’agit là du dernier article que je poste avant un (très) long moment, vacances obligent.  Il s’agit également, peut être, du dernier article que j’écris sur ce blog , pour des raisons que vous découvrirez prochainement, je vous le promets!

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Je ne sais pas si, comme moi, dès le soir venu, vous êtes scotché à votre télé… Je ne vous le souhaite pas!

Quoi qu’il en soit, cette boite à images regorge de programmes tous plus intéressants les uns que les autres (Secret Story, Moundir: L’Aventurier de l’Amour, Next, etc.), programmes qui nous rappellent qu’être célèbre n’est pas nécessairement une fin en soi… Ou plutôt si, justement, c’est une fin. C’est LA fin. La fin de la crédibilité face à un employeur (même si avoir réussi à réunir 20 personnes dans un appartement sans dépasser le Q.I. d’une huître est un exploit en soi, ce n’est pas valable sur un CV), c’est la fin de leur amour propre (“Un ami m’a dit” que ce qui se passait dans ce genre d’émissions ça tenait même de l’amour carrément salasse) mais surtout, c’est la fin de l’amour que je porte à mon prochain qui participe à la célébritisation -ou l’équivalent français- de ces personnages (Comme “cet amiqui n’est pas moi et qui regarde la fin de Secret Story en rentrant de son stage…). Que des personnes telles que Cindy, Moundir et autres Ken & Barbies puissent devenir célèbres, ne serait-ce que le temps d’un été, me donne envie de créer une Télé-Réalité où l’on éliminerait en bonne et due forme un candidat chaque vendredi soir (“Celle qui finira dans un bain d’acide ce soir eeeeest…. ”)

Bref là n’est pas la question. Le jour où j’écris un article sur la télé-réalité, je me jetterai tout seul dans ce bain d’acide. Je voulais évoquer surtout une publicité que l’on trouve dans les entractes mérités de ce genre d’émissions.
Plus particulièrement, j’ai été surpris par l’une d’entre elles qui vante les joies d’une console portative 3D: La Gamebo-Pardon- La Nintendo 3D S.

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Si Wikipedia dit que les cochons volent…

Amina Arraf.

Pour beaucoup, ce nom ne dit rien.

D’autres, plus fûtés, se doutent que ce nom doit bien être celui d’un homme ou d’une femme – parce que vous êtes décidément très futés - ayant eu un rôle particulier dans les différentes révolutions Arabes, reléguées au second plan médiatique par un DSK farceur et un concombre tueur. Nous sommes bien peu de choses.

Et pour peu, ce nom évoque un Américain pas vraiment apprécié de la communauté gay/lesbienne, particulièrement en Syrie.

Là, les 2 premières catégories de mes lecteurs s’étonnent: “Un Américain… prénommé(e) Amina Arraf… En Syrie… Et qu’on aille me dire après, que les Américains sont pas Open!”

Amina Arraf - A Gay girl in Damascus

Amina Arraf - Icone Révolutionnaire et Imposture

Aussi, pour éviter tout quiproquo, je m’en vais développer un peu cet exemple qui fera office d’introduction (un peu longue) à cet article.

Amina Arraf est une blogueuse Syrienne qui a la particularité d’être révolutionnaire et un peu lesbienne quand même. Pour ceux qui n’étaient pas intellecutellement actifs ces derniers mois, l’Occident a appris il y a peu que Liberté de la Presse (Blogging compris), Idées révolutionnaires et homosexualité ne faisaient pas bon ménage à trois en Syrie. Enfin bref, je vous passe les détails mais avec son CV, Amina est devenue une icone du mouvement révolutionaire Syrien.

Sauf qu’Amina n’existe pas.

Enfin si, elle existe. Sous les traits d’un père de famille Américain vivant en Ecosse.

Pas vraiment le même délire.

Après s’être fait démasquer, cet Américain que nous nommerons Tom, parce que c’est son prénom, a justifié son forfait à coups de “C’était pour faire valoir le statut des femmes en Syrie”, “C’était un Blog utile” ou encore “Tout ce qui y était raconté est vrai pour d’autres femmes” et autres “C’est pas moi qui ai volé l’orange… l’orange du marchand!”

Je veux bien croire que ce blog n’avait pas vocation à nuire à quiconque, excepté un gouvernement pas très regardant sur le bien-être de ses classes les plus populaires.

Là n’est pas la question.

J’ai découvert toute cette histoire ce matin et la première chose qui m’est venue à l’esprit était un truc du genre “Tape ta désinformation…” suivi d’un “Oh! Le joli sujet!”

Qu’un internaute soit un imposteur, ce n’est pas nouveau.

Qu’une imposture devienne une figure emblématique de la révolution d’un pays, ce n’est pas nouveau non plus… mais c’est inquiétant!

Staline's photoshop

De la censure à la désinformation

Sur les milliers d’internautes qui suivaient le blog d’Amina, seuls quelques uns, bien informés, ont émis des doutes. Mais ces doutes ont été bien vite étouffés, rejetés par la masse qui voyait en Amina une (trop) belle image de la révolution.

Et l’on réalise qu’en ce siècle de la surinformation, des milliers d’individus peuvent toujours être manipulés, non pas malgré, mais à cause des réseaux sociaux.

Un mensonge répété 10 fois reste un mensonge, répété 1000 fois il devient une vérité

Goebbels

Imaginez s’il avait eu Twitter…

Cet article n’a pas vraiment de fin, j’en suis conscient, mais j’ai du mal à trouver une conclusion qui ne soit ni alarmiste ni laxiste. Donc je vais jouer au blogueur paresseux moi aussi, et je vais vous laisser réfléchir à ça. Ca vous apprendra!

Si Wikipedia dit que les cochons volent… c’est que les cochons volent!

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